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Trois couleurs : rouge- Billet du samedi

J’avais décidé de faire une pause ce long week-end du 1er mai. Et puis il y a eu LA carte coupant la France et ce rouge qui maintient la pression, l’anxiété et les interrogations. Et puis j’ai lu l’interview d’Edgar Morin dans Le Monde (du 19 avril) et les résonances sont si fortes que j’ai décidé de partager avec vous des morceaux choisis sans commentaire.

« Les catastrophes en chaine sont provoquées par le débridement incontrôlé de la mondialisation techno- économique, notamment celles issues de la dégradation de la biosphère et de la dégradation des sociétés. (…) Cette épidémie nous apporte un festival d’incertitudes. Nous ne savons pas quelles seront les suites politiques, économiques nationales et planétaires de restrictions apportées par les confinements. Nous ne savons pas si nous devons en attendre du pire, du meilleur, un mélange des deux ; nous allons vers de nouvelles incertitudes. (…) A mon avis, les carences dans le mode de pensée jointes à la domination incontestable d’une soif effrénée de profit, sont responsables d’innombrables désastres humains dont ceux survenus depuis février 2020. (.. .) Une fois de plus dans l’inconnu tout progresse par essais et erreurs ainsi que par innovations déviantes d’abord incomprises et rejetées. Dans un essai « Sur la crise » (Flammarion), j’ai tenté de monter qu’une crise au-delà de la déstabilisation et de l’incertitude qu’elle apporte, se manifeste par la défaillance des régulations d’un système qui, pour maintenir sa stabilité, inhibe ou refoule les déviances (feedback négatif). Cessant d’être refoulées, ces déviances (feedback positif) deviennent des tendances actives qui, si elles se développent, menacent en plus en plus de dérégler et de bloquer le système en crise. Dans les systèmes vivants et surtout sociaux, le développement vainqueur des déviances devenues tendances va conduire à des transformations régressives ou progressives, voire à une révolution. La crise dans une société suscite deux processus contradictoires. Le premier stimule l’imagination et la créativité dans la recherche de solutions nouvelles. Le second est soit la recherche du retour à une stabilité passée, soit l’adhésion à un salut providentiel, ainsi que la dénonciation ou l’immolation d’un coupable. (…) Nous vivons dans un monde à la fois incertain et tragique. La crise devrait « ouvrir nos esprits depuis longtemps confinés sur l’immédiat, le secondaire et le frivole, sur l’amour et l’amitié par notre épanouissement individuel, la communauté et la solidarité de nos « je » dans des « nous », le destin de l’Humanité dont chacun de nous est une particule. En somme, le confinement physique devrait favoriser le déconfinement des esprits. »

Fil rouge de Juristes_associés

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